Journal Farandole

Riz de Camargue – Entretien avec Bertrand Mazel

Quand culture rime avec nature…

ARLES -

Gastronomie et artisanat

La Camargue est la première région de France pour la production de riz, et sa culture est la deuxième activité après le tourisme.

Comme beaucoup d’aliments d’origine exotique, l’arrivée du riz en France s’est faite avec les premiers échanges commerciaux, au XIIIe siècle. Profitant d’un environnement propice à la culture du riz grâce à son climat privilégié (humidité, faible écart de températures, luminosité intense et mistral), c’est en 1593 que le roi Henri IV ordonne que les rizières soit implantées en Camargue. Après une croissance en dents de scie, les pénuries de la seconde guerre mondiale et le Plan Marshall dopent ensuite sa production. « Trente-cinq mille hectares sont alors cultivés. A cette époque, le riz est baptisé l’or blanc », nous confie Bertrand Mazel, le Président du Syndicat des Riziculteurs Européens du Riz, installé à Arles.

Après une période plus faste au début des années 1990, la culture du riz connaît à présent une nouvelle crise générée par des contingences économiques et techniques.

Aujourd’hui, 180 riziculteurs (dont 18% en bio) sont établis sur le territoire pour produire 98 % de la production française sur les 15 000 hectares cultivés en Camargue. Le petit grain obtient l’Indication Géographique Protégée en 2000, une distinction qui valorise sa culture raisonnée, sa sûreté alimentaire, sa traçabilité et sa qualité.

Véritable ode à la diversité, le riz « Made in France » se décline haut en couleurs et riche en saveurs. Rond, long, moyen, blanc, brun, rouge ou noir, complet, blanchi, incollable… il y en a pour tous les goûts et toutes les envies.

Au-delà de ses qualités nutritionnelles – il est naturellement dépourvu de gluten – le riz incarne également une indéniable source de biodiversité. Sa culture nécessite en effet 400 millions de m3 d’eau douce chaque année, ce qui confère à la Camargue toute sa richesse, en faisant baisser la salinité des sols. Elle valorise l’agriculture et stabilise une biodiversité incomparable dans les zones cultivées, les marais et roselières du Delta.

Nécessaire à sa sauvegarde et essentielle à l’environnement, elle crée naturellement un équilibre entre nature, production et tourisme. Fragile équilibre mais également magnifique mosaïque de paysages où se côtoient milieux naturels, agriculture et élevage.

Le saviez-vous ? La consommation annuelle par habitant est de 4,5 kg par an (elle a triplé en 40 ans) contre 200 kg pour les Birmans !

Syndicat des Riziculteurs : 80 Route de Sonnailler

 

 

 

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