Journal Farandole

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« La Nuit étoilée », voyage dans l’univers de Vincent van Gogh

LES BAUX DE PROVENCE - Carrières de Lumières

Culture et patrimoine

 

Dans ce lieu insolite et unique des Carrières de Lumières, les œuvres de Vincent van Gogh illuminent l’espace et emportent le visiteur dans un tourbillon d’émotions, de couleurs dans sa période provençale et dans une ambiance plus sombre pour ses années de jeunesse. Un parcours thématique au fil des ans, un voyage au cœur de ses œuvres.

Van Gogh, un voyage permanent entre l’ombre et la lumière  

Dès son entrée, le spectateur est accueilli par la palette du peintre. De la lumière aveuglante du Sud, Van Gogh nous transporte alors vers les portraits de Joseph Moulin et de la Mousmé, du Père Tanguy et du docteur Gachet, des paysages provençaux aux travailleurs de la terre comme le « Semeur au soleil couchant » inspiré du Semeur de Millet. La nature est sublimée, des champs de coquelicots à la série « Les Tournesols » dont le jaune éclabousse les murs des carrières, des bouquets et pétales multicolores aux amandiers en fleurs, des iris d’un bleu éclatant aux champs de blé où l’artiste s’est amusé à inverser les couleurs, jaune pour le ciel, bleu pour les champs de blés, des oliviers aux cyprès qui reviennent souvent dans l’œuvre du peintre. La ville d’Arles quant à elle marquera à jamais l’œuvre de Van Gogh, avec sa « Terrasse de café le soir », « Les Alyscamps », « La Chambre » sans oublier « La nuit étoilée » sur le Rhône et les quais de la ville dans un camaïeu de bleus.

Entre les paysages provençaux et ceux des Pays Bas ou de Paris

La création de Van Gogh a évolué radicalement au fil des ans, au fil de la couleur ou de l’ombre dans un style singulier qui  évoque son monde intérieur à la fois chaotique et poétique. L’influence des années de jeunesse apparaît dans les scènes urbaines ou champêtres qui retracent la vie quotidienne, Montmartre et son célèbre « Moulin de la Galette », Asnières ou les paysages plus sombres des Pays-Bas avec les « Mangeurs de pommes de terre ». Puis viennent les toiles du jardin et des allées de platanes de Saint Paul de Mausole à Saint Rémy de Provence, ainsi que les autoportraits qui traduisent l’âme tourmentée de l’artiste. Les grands champs de blé noircis par des corbeaux s’obscurcissent sous un ciel devenu menaçant pour nous mener vers un final qui se pare de la floraison des amandiers.

Pendant plus de trente minutes on déambule dans ces chefs d’œuvre grâce au magnifique travail de Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi. Montée par séquence pour créer un lien entre musique et images, la bande-son de Luca Longobardi, donne le rythme, l’ambiance, le ton. Lully pour le prologue, Janis Joplin, pour la Provence, Miles Davis et son « Ascenseur pour l’échafaud » pour Arles, les Quatre saisons de Vivaldi ou Nina Simone et son « Don ’t let me be misunderstood » pour Saint Rémy. Puccini et Brahms pour sa période parisienne.

Un voyage dans l’art japonais « Japon rêvé, Images du monde flottant »

Entre deux projections de Van Gogh, le programme court créé par le studio artistique Danny Rose nous entraîne dans le Japon de l’imaginaire « Japon Rêvé, images du monde flottant » avec une bande sonore qui nous fait voyager de Ryuichi Sakamoto à Claude Debussy, en passant par les rythmes effrénés des tambours du Japon. Cette création prend sa source dans les Estampes japonaises qui apparaissent en Europe au XIXème siècle. Elle nous plonge dans les danses guerrières des samouraïs, face aux geishas vêtues de kimonos aux motifs élégants et colorés, au milieu des forêts mystérieuses et des esprits du folklore japonais, dans la vague d’Hokusai ou sous les cerisiers en fleurs. Pour un final tout en légèreté parmi les lanternes japonaises qui flottent dans « le ciel nocturne ». La Nuit étoilée de Vincent van Gogh.

Carrières de Lumières du 1er mars 2019 au 5 janvier 2020

Claudine Labe

 

 

 

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