Journal Farandole

Jean Charles Signoret nous ouvre sa caverne aux rubans et aux costumes d’arlésienne

ARLES -

Culture et patrimoine

Témoin d’une étonnante richesse et d’un renouvellement éternel, le costume d’Arlésienne a évolué au fil des époques dans la coupe, les matières, les couleurs et les ornements. De soie ou de velours aux couleurs chatoyantes, orné de motifs de fleurs, d’oiseaux, corne d’abondance, le ruban est indissociable du costume de l’Arlésienne et doit toujours être en harmonie avec la tenue.

L’Arlésienne, un livre ouvert sur les traditions

Car le costume d’Arlésienne est un livre ouvert sur les traditions, il parle de notre identité, témoigne de notre attachement à la culture provençale. S’il attire notre regard par son originalité, il nous renseigne également sur des distinctions telles que la situation matrimoniale, le niveau de richesse, l’âge.

Si la coiffe est indissociable du costume, le ruban en est la pièce maîtresse. Il fait partie de la coquetterie féminine tout comme les dentelles, les épingles, les peignes ou les bijoux. Héritage de famille que l’on se transmet de mère en fille, chiné sur les brocantes ou éclatant de nouveauté, le ruban n’en demeure pas moins rare et cher.

Aujourd’hui il peut se comparer à un véritable bijou même s’il faut distinguer les rubans anciens des rubans « faits à l’ancienne ». Choix des couleurs et des motifs, teinture de la soie, tissage, tous les rubans sont des « séries limitées », résultat d’un savoir-faire qui se transmet grâce à quelques passionnées. Car après de nombreux passages sur le métier à tisser, le ruban naît enfin des fils de soie qu’il faut dès lors sabrer. Un travail long et minutieux.

Une collection hors du commun pour Jean Charles

Dans le milieu arlésien du costume qui ne connaît pas Jean Charles Signoret. Sa passion pour les belles Arlésiennes il l’a depuis tout jeune quand il a hérité des rubans de sa grand-mère et de ses tantes et même si son métier a été pendant plus de 40 ans, la cuisine, dans son restaurant l’Escaladou, il a consacré et il consacre toujours beaucoup de temps à sa passion. Car il est collectionneur. Dans sa famille tout le monde se prête au jeu et la relève est assurée avec Marie, une de ses petites filles. Elle suit les traces de son grand-père et compte bien reprendre un jour le flambeau.

Sa collection recèle de véritables trésors. Sur des étagères, de multiples boîtes sont empilées. Jupes et manteaux, châles et fichus, dentelles et rubans retracent l’évolution du costume au fil des époques et des modes, s’adaptent à tous les âges et toutes les situations de la vie quotidienne. Du travail à la promenade, des moments festifs à ceux du deuil.

De Charles X et son costume exotique, rubans à nœud rayé ou à carreaux, à Louis Philippe, de soie ou de velours, des rubans de transition aux rubans virginen pour les demoiselles, du traditionnel bleu marine des années 1900 à porter en toutes circonstances à celui d’époque Napoléon 3. Du ruban 1880 très long dans le dos, d’époque Van Gogh au ruban de deuil en faille avec motif jusqu’aux rubans de l’époque actuelle, sa collection est une débauche de couleurs, de matières et de formes.

Il possède aussi quelques rubans commémoratifs, comme celui pour la Confrérie des Saintes Maries de la mer ou celui des 500 ans de la Confrérie des gardians en 2012.

Pour Jean Charles, cette passion est omniprésente, il n’a de cesse de mettre en place des expositions, comme celle qui vient de se terminer au Château de Roussan à Saint Rémy de Provence, coud lui-même des costumes, organise sa vie autour de Festiv’Arles et du groupe l’Arlatenco. Beaucoup de travail, mais quand on aime on ne compte pas. Et Jean Charles n’est jamais fatigué ou lassé et c’est tant mieux car pour lui, il est important de continuer à défendre la tradition du costume. //Claudine Labe

 

 

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