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Ave aux légionnaires contemporains, la Leg VI Ferrata est de retour
Pour que vive une région, il faut entretenir son histoire et recréer son passé.
Une légion romaine qui défile nous rappelle que les fondations de notre civilisation latine ont été jetées dans la foulée des légions de Jules César.
De la Leg VI Ferrata à la colonie d’Arelate
Un brin d’histoire. En 49 avant JC, la colonie d’Arles (Arelate) prend le parti de César lors d’une bataille l’opposant à Pompée. Pour la remercier de cette victoire, César donne aux vétérans de la légion un vaste territoire qui s’étendait alors jusqu’au Var. Ce qui explique que de nos jours Arles est la plus grande commune de France.
Deux arlésiens passionnés par l’Antiquité, Marc Bernasconi issu du milieu du spectacle et Philippe Ferrando archéologue, ont décidé en septembre 2008 de faire renaître cette légion en créant une association La Leg VI Ferrata.
Philippe Ferrando est un homme aux multiples facettes. A un moment de sa vie, il a été obligé de choisir entre passion et métier. L’archéologie serait sa passion, l’assurance son métier.
Spécialiste en monnaie romaine et numismatique, assureur et archéologue, il n’a pas assez de ses journées pour mener à bien ses différentes activités. Aussi écrit-il la nuit. Des livres sur les monnaies anciennes.
Depuis près de deux ans, les membres de l’association passionnés par l’armée romaine consacrent leurs temps libres à la reconstitution fidèle d’équipements de légionnaires romains. Ils présentent régulièrement au public le fruit de leur travail, basé sur l’iconographie ou les documents archéologiques.
Pour les équipements, des matériaux identiques à ceux d’origine sont utilisés. Quant aux manœuvres, elles permettent de mieux comprendre l’usage des armes et les différentes méthodes militaires comme la tortue. C’est aussi un moyen de reconstituer l’intendance qui suivait : potiers, forgerons, cuisiniers… Dans une légion, les enseignes sont primordiales, elles précèdent la colonne et permettent de transmettre les ordres. Celle de la Leg VI Ferrata représente la louve qui allaite Romulus et Rémus, les fondateurs de Rome.
Rhonavalis et la galère Caesar, un projet culturel ambitieux et fédérateur
Dans l’optique de Marseille Provence 2013, Rhonavalis est une association créée en 2010 dont l’objectif est double. C’est la construction à taille réelle d’une galère romaine dans un but d’archéologie expérimentale et pédagogique. Cette galère nommée Caesar sera identique à celle construite par les ateliers d’Arles pour Jules César. Elle permettra de renouer avec le passé historique d’Arles et de Marseille et de restituer un élément du patrimoine maritime. Celui qui a contribué à l’histoire du bassin méditerranéen et d’Arles en particulier.
Rhonavalis est un enjeu local et régional valorisant dans la continuité de l’exposition « César, le Rhône pour mémoire ». Ce sera enfin une expérience créatrice d’emplois avec l’exploitation du navire dans un but évènementiel et touristique. Elle servira enfin de base scientifique proche lors de l’agrandissement du musée de l’Arles Antique.
Si l’époque romaine connaît de nos jours un regain d’intérêt, cela s’explique par le fait qu’en période de crise les gens essaient de retrouver leurs origines. La force de la Leg VI Ferrata tient à ce que tous ses membres sont originaires d’Arles et des alentours. D’ailleurs l’association recrute tous ceux qui souhaitent participer à ses activités. Arles la romaine peut s’enorgueillir d’avoir été en son temps une « petite capitale des Gaules ». Une capitale qui essaie de revivre aujourd’hui grâce à ces multiples initiatives. www.legio6.com - www.rhonavalis.com. Claudine Labe