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La Confrérie des gardians, une histoire liée à l’élevage en Camargue
Antique confrérie, elle est née en 1512 sous le règne de Louis XII, la Confrérie des Gardians constitue la plus ancienne manifestation de ce type encore en activité en France. Sa mission était alors de venir en aide aux vieillards, aux pauvres et aux infirmes de la Confrérie. Près de cinq cents ans plus tard elle répond toujours à ce besoin d’entraide.
A l’origine, Caisse de secours mutuel pour les gardians démunis
A cette époque la Provence rattachée au royaume de France, se préparait à la guerre. Les gardians appelés alors « pastors nourriguiés » se regroupèrent afin de défendre leurs intérêts face à un enrôlement abusif dans l’armée où l’expérience de ces cavaliers était appréciée. Ces ouvriers cavaliers qui utilisaient le cheval dans les travaux agricoles avaient créé un syndicat avant l’heure. Cette Caisse de secours leur permettait de faire face aux accidents et aux maladies, en un temps où la Sécurité Sociale n’existait pas.
La Confrérie des Gardians de saint Georges a son siège 5 rue des Capucins dans le quartier de Trinquetaille. Et son église, celle de la Major. Forte de près de trois cents membres dont une cinquantaine de gardians professionnels, elle s’articule autour d’un président Hubert Yonnet, de deux vice-présidents, Jacques Maillan et Frédéric Lescot. Sans oublier la « gardienne de saint Georges », Magali Dunant.
Première manifestation de l’année, le 1er mai. Au cours de cette Fête des Gardians un nouveau capitaine et deux prieurs sont élus, ils représenteront la Confrérie durant l’année. Puis c’est la procession des cavaliers et des arlésiennes, la bénédiction des chevaux sur le parvis de la Major et la messe en « lengo nostro ». Ce jour là les gardians rendent également hommage à la Reine d’Arles avec qui ils ont tissé au fil des ans un lien très fort.
Un rituel immuable. Un héritage qui se transmet de génération en génération.
L’histoire de la Confrérie a évolué vers le maintien des us et coutumes de Camargue
Si la Confrérie des gardians a survécu à la Révolution, après 1789 rien ne sera plus comme avant. Un temps affaiblie, elle retrouvera un second souffle avec le Félibrige. Le « gardo besti » se voit supplanté par un cavalier d’apparat portant en croupe de jeunes arlésiennes. Au début du XX eme siècle, le gardian n’a pas de tenue particulière, il ressemble plus à un ouvrier agricole qu’à un cow boy.
C’est le marquis de Baroncelli qui codifiera la tradition, à travers la Nation Gardiane. La fête renaît. A cette époque, la Confrérie des gardians n’avait pas le souci de paraître, elle revendiquait plutôt son côté social avec le risque de voir disparaître à terme la tradition camarguaise. Ces changements apportés par le marquis vont lui permettre de se maintenir.
Le marquis impose aux gardians amateurs un costume afin de donner plus d’unité, de cachet et d’allure à la troupe lors des fêtes camarguaises. Veste de velours, pantalon avec liseré sur la couture, chemises chantantes, nœuds de velours ou lavallières. Le maintien de la tradition passait par le coté spectacle et esthétique. Aujourd’hui une Charte commune existe, elle codifie la tenue du cavalier et du cheval. Le gardian doit transmettre une image forte qui impose le respect et l’admiration
Malgré leurs différences, la Confrérie des Gardians et la Nation Gardiane sont côte à côte lors des fêtes. Ces cavaliers partagent tous le même idéal et les mêmes valeurs.
Garante des traditions camarguaises et provençales, la Confrérie a permis aux gardians de garder leur identité. Elle n’en est pas moins tournée vers l’avenir, en 2012 elle fêtera ses 500 ans. Cent soixante cavaliers se sont retrouvés sur le Planet en 2010, combien seront-ils pour cet anniversaire grandiose ?
Claudine Labe